Retour à Gorée

Un drapeau sénégalais flotte sur la poupe d'un bateau.
On arrive à Gorée, petite île proche des côtes, devenue célèbre pour sa Maison des esclaves, lieu de pèlerinage pour touristes, censé avoir abrité avant leur voyage sans retour aux Etats-Unis, des centaines de milliers d'Africains.
Filmé par le documentariste suisse Pierre-Yves Borgeaud, Youssou N'Dour, le plus célèbre des chanteurs sénégalais, a fait le voyage.

Il assiste à la visite guidée de Joseph N'Diaye, maître des lieux, qui explique avec la ferveur d'un prédicateur que Gorée était le plus important centre africain de la traite des Noirs, et qu'à elle seule cette petite maison contenait, parqués dans des conditions effroyables, 150 à 200 personnes.
En tête à tête, N'Diaye donne ensuite sa bénédiction au chanteur pour la mission hautement symbolique qu'il s'est assignée, et qui va fournir sa trame au film : refaire le voyage des esclaves jusqu'aux Etats-Unis pour rencontrer des musiciens noirs américains de renom, les inviter à improviser sur ses propres chansons et à le suivre ensuite jusqu'à Gorée où ils donneront, tous ensemble, un grand concert.
L
e jazz, une musique chargée d’un douloureux passé lié à l’esclavage. Un artiste, Youssou N’Dour, qui va à la rencontre de cet univers musical. Rencontres et performances musicales se succèdent sous la minutieuse caméra du réalisateur suisse Pierre-Yves Borgeaud.

L’émotion est au rendez-vous à chaque image rythmée par la musique, seul refuge d’un peuple à jamais condamné à l’exil et qui s’acclimate à une terre qui est devenue sienne. Chaque étape de ce retour aux sources est incarné par un artiste.
Du choeur gospel des Harmony Harmoneers à une icône de la culture afro-américaine, Amiri Baraka, figure incontournable de la culture afro-américaine, en passant par le batteur Idris Muhammad et la vocaliste Pyeng Threadgill, le jazz déploie ses multiples visages.
Et Youssou N’Dour, un talent incontestable.
Retour à Gorée est un régal et une source de fierté pour tous les Africains de coeur.